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MICHAËL SELLAM

EVERYTHING LOOKS BETTER WITH LOVE

LIVRE D’ARTISTE / ARTIST BOOK
GRAPHIC CONCEPTION : MICHAËL SELLAM & PHILIPPE MUNDA
JACKET / SOFT COVER / 60 PAGES / 9 COLOR INSERTS

︎  (+ FRAIS D’ENVOI 3 € / + 3 € WORLDWIDE SHIPPING)


EDITION OF 500 COPIES
NOVEMBER 2021
ISBN 978-2-9552776-2-1
EDITION SALON DU SALON 2021

WITH THE SUPPORT OF CNAP 2019 / RÉGION SUD 2020






TOUT SEMBLE MIEUX AVEC DE L’AMOUR


The protocol for the production of the works presented at Salon du Salon is simple. There is a certain nonchalance, few gestures. These gestures directly question how a work is produced. The stages of development of these works are predefined: visiting museums, taking photographs, opening them on a computer, copying, pasting, adjusting, moving and recording. The same protocol is applied to sculptures: looking for models of works of art, downloading them, opening them on a computer, copying, pasting, adjusting, moving and recording. The finalized digital document is then sent via the internet for printing. Once received, its elements are arranged and displayed. My task is to keep the machine running, to test my method, to extend it and to accept the hazards of improvisation, chaos and surprise. The forms produced would have what Tristan Garcia calls an equal ontological dignity.

« We live in this world of things, where a cutting of acacia, a gene, a computer-generated image, a transplantable hand, a musical sample, a trademarked name, or a sexual service are comparable things. »1

In addition to this drift in the museum rooms, there is a drift on the many websites that offer models, files of digitised works. This monstrous, distorted approach represents both a way of proceeding and a principle of equality. Everything is reduced to a relation to forms, remains elusive. It is difficult to establish substantive relations between these forms, but there is something that connects them. A certain desire, a willingness, a need projected in the use or contemplation of the object, the gesture, the icon. These works and these attitudes embody the same joyful and inoperative melancholy in the world. Beyond the meaning that can be extracted from it, this process questions copying, documentation and capture. Understanding, creating, citing, using, deforming, destroying; copying and pasting; acting, drifting too.

This set of works takes a precise and critical look at what computing is changing in our way of thinking and understanding the world. It is a question of experimenting with a whole system of possible operations carried out with an unfailing form of love for things, gestures and beings.

This publication is both a synthesis and an extension of these issues.

Qu’il est bon
de se réveiller le matin
tout seul
et de se dire de l’art
que vous l’aimez
que vous l’aimez plus que tout
au monde.
2


Michaël Sellam, Paris, September 2019.



1 - Tristan Garcia, Form and Object: A Treatise on Things, Edinburgh University Press, 2014, p. 1.
2 - Freely inspired by: « Love Poem » by Richard Brautigan.


EVERYTHING LOOKS BETTER WITH LOVE


Le protocole de réalisation de l’ensemble de pièces présenté au Salon du Salon est simple. Il y a une certaine forme de nonchalance, peu de gestes. Ces gestes questionnent directement la production d’une œuvre. Les étapes d’élaboration de ces pièces sont prédéfinies : visiter des musées, prendre des photographies, les ouvrir sur un ordinateur, copier, coller, ajuster, déplacer et enregistrer.

Le même protocole s’applique aux sculptures : chercher des modèles d’œuvres, les télécharger, les ouvrir sur un ordinateur, copier, coller, ajuster, déplacer et enregistrer. Envoyer le document numérique finalisé via Internet pour qu’il soit imprimé, le recevoir, agencer les éléments, les exposer. Ma tâche consiste à faire tourner la  machine, à éprouver ma méthode, à la prolonger et à accepter les aléas d’improvisation, de chaos et d’imprévu. Les formes produites pourraient être sur ce que Tristan Garcia appelle un plan ontologique d’égalité.

« Nous vivons dans un monde de choses où une bouture d’acacia, un gène, une image de synthèse, une main qu’on peut greffer, un morceau de musique, un nom déposé ou un service sexuel sont des choses comparables. »1

À cette dérive dans les salles des musées s’additionne une dérive sur les nombreux sites Internet qui proposent des modèles, des fichiers d’œuvres numérisées. Approche monstrueuse et distordue, elle représente à la fois une manière de faire et un principe d’égalité. Tout y est réduit a une relation aux formes, quelque chose nous échappe. Difficile d’établir des relations de fond entre ces formes et il y a, pourtant, quelque chose qui les assemble. Un certain désir, une envie, un besoin projeté dans l’usage ou dans la contemplation de l’objet, du geste, de l’icône. Ces œuvres et ces attitudes incarnent la même mélancolie joyeuse et désœuvrée face au monde. Au delà du sens qu’il est possible d’en extraire, ce processus questionne la copie, la documentation et la capture.
Comprendre, créer, citer, utiliser, déformer, détruire ; copier-coller ; agir, dériver aussi.
Cet ensemble d’œuvres porte un regard précis et critique sur ce que l’informatique change dans notre manière de penser et de comprendre le monde. Il est question d’expérimenter tout un système d’opérations possibles réalisées avec une forme d’amour indéfectible pour les choses, les gestes et les êtres.

La présente publication constitue à la fois une synthèse et une extension de ces questions.

It’s so nice
to wake up in the morning
all alone
and not have to tell somebody
you love them
when you don’t love them
any more  .
2

Michaël Sellam, Paris, septembre 2019.
Translation: Christophe Degoutin.

1 - Tristan Garcia, Forme et objet. Un traité des choses, collection MétaphysiqueS, PUF, 2010, p. 7.
2 - Richard Brautigan, « Love Poem ».




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